
Nous avons fondé La Ferme Sans Nom en 2020, autour de notre passion commune pour la paysannerie et le vivant.
Nous sommes une paysanne et un paysan, deux entreprises, réunies sous un nom, un cahier des charges et une philosophie commune.
Nous commercialisons depuis 2021 nos semences potagères, des variétés que nous sélectionnons et améliorons pour leurs qualités gustatives, leur rusticité, et leur résistance aux sécheresses et aux maladies.
En parallèle des productions à destination de la vente, nous avons développé notre système de production vivrière, dont l’objectif est l’auto-consommation : légumes bien sûr, mais aussi fruits et petit fruits, champignons cultivés sur bûches, petit élevage et bois de chauffe. Un système céréalier est en phase de test depuis 2026.
Depuis 2020, nous animons également l’École Paysanne de La Ferme Sans Nom, via laquelle nous dispensons des formations autour de la paysannerie : l’art du plessis et des trognes, la productions de semences potagères ou de légumes sans labour, ou encore la conception d’agro-écosystèmes en agriculture régénérative y sont, entre autres, enseignés.

Nos cinq premières années d’installation nous ont procuré énormément de joie, de découvertes agronomiques et nous ont amenés à rencontrer des personnes formidables, stagiaires et wwoofers devenus ami.e.s, partenaires professionnels engagés avec nous : nous vous faisons un grand coucou, vous vous reconnaîtrez !
Mais elles nous ont aussi ancrés dans notre réalité, plus que jamais auparavant : en tant que petits paysans, nous devons faire face à une société entièrement organisée autour d’un système industriel, conçu pour proposer des produits à faible coût, face auquel des mains humaines peuvent difficilement rivaliser. La compétition économique entre la paysannerie manuelle et l’agriculture industrielle nous met dans une position délicate.
Une année de réflexion et de re-conception de notre système nous a permis de re-démarrer la saison 2026 l’esprit clair.
Nous sommes déterminés à continuer notre travail sur la semence, que nous estimons d’autant plus primordial dans un contexte de bouleversements climatiques maintenant vécus dans les chairs, et d’inquiétude vis à vis de la souveraineté alimentaire de nos communautés.

Mais comment faire pour exister quand la rémunération au regard de notre travail n’est pas au rendez-vous ?
Une chose est sûre : nous continuons de produire et distribuer nos semences, mais un changement d’approche s’impose.
La Ferme Sans Nom produira dorénavant les semences d’une collection limitée de plantes essentiels à la vie quotidienne et à la paysannerie de subsistance.
La ferme sera le conservatoire vivant de légumes et céréales sur lesquels on peut compter, quand on compte sur son jardin pour manger. Pas forcément populaires, pas forcément à la mode, mais efficaces et ayant fait leurs preuves, année après année, dans nos jardins et nos assiettes.
Des variétés adaptées à notre région, notre sol et nos pratiques, pour fournir localement des semences de qualité.
Les quantités, elles aussi, seront limitées. Pourquoi produire 10 000 sachets quand on n’en vend que la moitié ? Aussi, la liste des variétés sera réduite à ces « indispensables » de la subsistance, et les quantités produites par la ferme seront divisées par deux, pour nous libérer du temps de travail, qui permettra de générer d’autres revenus en diversifiant nos activités. Pour cela, chacun d’entre nous a choisi une direction adaptée à ses besoins et à ses préoccupations :

Juliette, en parallèle de son entreprise agricole, reprend en Septembre 2026 une formation universitaire pour devenir psychologue. Elle souhaite se spécialiser dans les souffrances psychiques liées aux bouleversements climatiques et aux violences systémiques à l’encontre des populations en résistance. Son parcours universitaire durera 4 ans, pendant et après lesquels elle continuera son travail minutieux sur la semence potagère, en allant toujours plus loin dans la sélection et l’amélioration des variétés.

Sylvain, quant à lui, vise la diversification agricole en prospectant de nouvelles parcelles pour y produire des semences de céréales adaptées à l’agriculture vivrière, et développer un système agro-forestier basé sur les fruits à coque. L’agrandissement lui permettrait d’expérimenter l’hydrologie et l’agriculture régénérative à plus grande échelle. En parallèle, il s’associe en Septembre 2026 avec l’organisme de formation Permaterra, ce qui rendra une partie de ses formations éligibles aux financements, et facilitera ainsi l’accès à la formation pour les professionnels et les particuliers.




